Lucien BEYER

1908-1983

" La fête Foraine "

Dim : H/T  65 x 92 cm

 Lucien_Beyer

 

La peinture de BEYER s'inscrit dans une perception nouvelle du monde ambiant qu'on aurait tendance, trop souvent, à baptiser abstraite, parce que l'oeuvre n'est pas immédiatement identifiable.

Lucien BEYER a fait partie du groupe « Témoignage » dont l'animateur était Marcel MICHAUX et qui fut composé de peintres illustres comme notamment Jean Bertholle, Jean Le Moal, de sculpteurs,  Etienne Martin, François Stahly, mais aussi d'écrivains et de musiciens. Marcel Michaud (1898-1958) rencontre également à Lyon en 1936 le docteur Malespine, correspondant très actif des activités " dada " et " surréalistes ".

Michaud multiplie les rencontres : Germaine Dulac, Marianne Oswald, Blaise Cendrars, Albert Gleizes, Etienne Martin, Le Corbusier, Ernst, Picasso et René Char.

Ce groupe dont fait partie Lucien BEYER profite des leçons du cubisme.

 René BRETEAU, qui fut le premier à réunir ces artistes, a noté quelques souvenirs émus de sa première rencontre avec Bertholle, Beyer, Le Moal, Manessier, Etienne Martin, Stahly.

« J'ouvrais une boutique rue des Canettes, au 9. J'y présentais des ouvrages d'artisans, des oeuvres de camarades de l'école et mes travaux. C'était triste. Le fils du maitre potier BEYER venait chaque jour me donner de son temps, nous parlions peu, il n'a jamais été bavard, moi non plus. Lui, connaissait des jeunes, voulait me les faire rencontrer ; il savait que je les aimerais... Un soir, nous sommes partis de la rue des Canettes pour la rue du Pot-de-fer. Au fond d'une vieille cour très émouvante, dans une vieille maison très délabrée, nous avons passé une porte ouverte sur un entassement de pierres, de bois et de toiles qui nous accrochaient de partout dans le noir... Cette nuit-là peut-être j'ai recommencé d'espérer et de croire. Au petit matin, j'ai dit que nous allions montrer ce qu'ils avaient fait. Je suis revenu rue des Canettes pour m'en occuper. J'ai fait le vide dans ma boutique et leur ai donné les cimaises pour d'inoubliables succès... La rue des Canettes a connu la foule en 1938, la rue Bonaparte en 1939. Puis, ce fut la guerre et le dispersement. »